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Agrégation vs Curation

January 8, 2011

Il paraîtrait que la curation c’est LE truc hype du moment. En effet, depuis quelques mois déjà, on nous rabâche les oreilles avec ce qui semble être la “nouvelle ère de l’Internet”. Raison évoquée : Internet est un chaos géant qui ne cesse de croître exponentiellement et il est temps d’y mettre un peu d’ordre.

Un petit éclaircissement de la notion s’impose . C’est un anglicisme qui vient de “curator”, ce qui signifie en français, commissaire d’exposition. Cette personne est chargée de sélectionner des œuvres relatives à un catalogue d’exposition. Cet emprunt à l’univers muséal vise à définir le “curateur” comme une personne qui sélectionne des contenus relatifs à un sujet sur différentes sources Internet (articles, billets de blogs, réseaux sociaux) et les réunit dans un espace à part. Il définit ainsi, à travers son choix, sa posture éditoriale. Cette sélection est toujours manuelle.

Voici quelques exemples d’outils permettant la curation : Pearltrees, Curated.by, Storify, Scoop.it, Paper.li ou encore Montage des FuseLabs de Microsoft.  Il est désormais courant de les appeler “curateurs” ou “curators”. On notera que dans cet usage du terme, comme c’est le cas pour “agrégateur”, on désigne l’outil par le mot qui jusqu’ici qualifiait une personne, par métaphore. En fait, si l’on nous dit que Storify permet d’intégrer par un “drag and drop” des contenus de médias sociaux dans des articles au moment de l’écriture, le “curateur”, s’il en est un, reste l’auteur plus que l’outil permettant l’indexation. D’autre part, on constate bien que la plupart d’entre eux font la promesse de faire de nous des éditeurs.

“Aggregation is not Curation – There is a big difference”, nous assurait il y a deux mois Tom Foremski.

A la différence de la curation, l’agrégation consiste à collecter des informations sur un sujet, à partir de sources sélectionnées au préalable. L’information parvient jusqu’à la plateforme (site ou logiciel) par flux RSS ou en fonction de sa popularité. Une fois les critères de sélection déterminés, l’information arrive “automatiquement”. Quelques exemples bien connus d’agrégateurs : Google News, Google Reader, Netvibes, Digg, Delicious

Le pari de la curation est de permettre de recevoir de l’information triée, sélectionnée au préalable afin qu’elle soit pertinente, en sujet comme en qualité, avec nos attentes. C’est le cas sur Pealtrees par exemple où l’on réunit des perles (du contenu) autour d’un sujet.

(Si j’ai bien compris la curation c’est toujours l’histoire d’un petit mec sympa qui aime plein de choses très fun qu’il veut partager avec des amis).

Tom Foremski poursuit : “Curation is about the “human web” while aggregation is about the “machine web.””.

C’est cependant un peu trop facile, lorsque l’on compare curation et agrégation, de dire qu’il s’agit de la victoire de l’humain sur l’algorithme. Pour le cas de la curation, je ne partirai pas dans une démonstration évidente des nombreux aspects “techniques” du web et d’Internet. Pour ce qui est de l’agrégation, une sélection pointue et précise des flux RSS peut être faite manuellement. En “personnalisant” mon Netvibes avec des blogs de niche dont je suis quasi sûre que les posts me plairont, je fais confiance à un humain pour poster quelque chose qui m’intéresse. Tout comme je ferais confiance à un “curateur”.

Curation et agrégation peuvent dans certains cas être perçues comme deux étapes chronologiques différentes :

- l’agrégation est une sélection de sources qui produisent du contenu
- la curation est la mise en page d’une sélection de contenus (provenant souvent d’une sélection de sources qui produisent du contenu)

Vous me suivez ? Cette mise en abîme est prolongée par le fait que les journalistes et bloggeurs ne produisent pas du contenu ex-nihilo, ils ont eux aussi leurs sources. C’est ce que représente Brian Solis dans sa pyramide quelque peu critiquable car elle implique une hiérarchie pas forcément évidente.

“Content is no longer King: Curation is King”, conclue Tom Foremski.  Sans trop m’avancer je pense pouvoir dire que sans contenu, pas de curation possible ! Hé oui la curation c’est du contenu. De même, qui dit contenu de mauvaise qualité, dit curation de mauvaise qualité.

Finalement curation et agrégation sont des mots qui prennent un nouveau sens au fil de l’apparition de plateformes et d’usages que l’on veut définir.

Pour comprendre l’emploi de ce type de mots, François, étudiant en Master recherche au Celsa, me propose à juste titre de rattacher cela au concept de trivialité, au sens où l’entend Yves Jeanneret. Il s’agit de la circulation dans la société de concepts permettant leur appropriation mais aussi leur transformation;  ils se chargent de valeur.

Ce que ces mots désignent n’est pas révolutionnaire en soi. En témoigne ce documentaliste en colère : “Je bouillonne surtout devant la satisfaction à peine dissimulée des auteurs de ces articles (et parfois de leurs commentateurs), persuadés d’être à l’origine du coup du siècle alors qu’à défaut d’avoir imaginé un nouveau métier, ils n’ont fait que réinventer la roue.”

Pour approfondir ce sujet, voici une curation sur le sujet de la curation, vous en rêviez. Ces contenus ont été agrégés, curés, curetés, sélectionnés par Cédric Giorgi, rédacteur Techcrunch et directeur marketing de Goojet (qui édite Scoop.it).

Pour finir, UN SCOOP : les MISC lancent leur agrégateur qui, par définition, doit aussi être le vôtre !

L’agrégateur des MISC c’est un portail conçu et réalisé par nous, les étudiants, vous donnant accès à une multitude de sources sur les mutations médiatiques, les innovations numériques et l’actu web, délivrés avec un regard éclairé et critique. De l’actu chaude avec les tweets des étudiants du master, une sélection de sources d’info de qualité, de billets d’analyse de ce blog et d’interviews de professionnels du numérique par les MISC sous la forme d’une chaîne vidéos, d’une synthèse de la conférence du 19 janvier à la Cantine : en voilà une sélection intéressante ! Vous y trouverez également un annuaire des étudiants MISC, actuels comme anciens (profils, thématiques de recherches, contact). Ainsi, le master MISC du Celsa est une des premières formations en France à valoriser les prises de parole et la veille de ses étudiants sur les réseaux sociaux, toutes regroupées sur le site agrégateur celsa-misc.fr.

Rendez vous le 13 janvier !

Pourquoi est-ce un agrégateur ? Car les sources des flux sont sélectionnées au préalable et se mettent à jour automatiquement. Mais les MISC sont bel et bien derrière tout ça, on vous assure donc que ça n’est pas la disparition de l’humain derrière la machine, si tant est que le MISC est humain. Je vous laisse méditer là-dessus.

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