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Le blog des MISC déménage

January 18, 2011

Eh oui, le blog des MISC déménage, il devient une rubrique à part entière de l’agrégateur de notre promotion !

Continuez de nous suivre sur www.celsa-misc.fr !

A bientôt !

 

Pourquoi le Web est obsédé par Justin Bieber

January 16, 2011

Si comme moi vous avez renoncé à toute vie sociale et étiez devant votre ordinateur samedi soir, vous avez peut-être été témoin d’une bataille apocalyptique faisant rage sur Twitter. A coup de hashtags acharnés, deux clans s’affrontaient et monopolisaient la zone des trending topics : les fans de Justin Bieber, et les autres.


 

Tout serait parti d’un tweet annonçant la mort de l’adolescent (vous excuserez mon indifférence quant aux circonstances exactes de la rumeur). Evidemment, ce n’est pas la première fois que Justin Bieber est pris pour cible : d’abord atteint de la syphilis puis plébiscité pour commencer sa tournée en Corée du Nord, le « chanteur » a souvent été victime de l’humour sympathique de certains internautes. Un plugin Firefox a même été développé pour faire disparaître toute mention de Bieber sur les pages web visitées par l’utilisateur.

Dans le cas présent, la rumeur a engendré un vent de panique chez les fans («RIP JUSTIN BIEBER ? what happend with justin ? please tell me ! »), et un vent d’ironie chez les autres («Whoever started the RIP Justin Bieber rumour is sick. It’s not right to get people’s hopes up like that.»)

Où est-ce que je veux en venir ? En l’espace de quelques mois, Justin Bieber est devenu l’un des mèmes les plus populaires du web. Facilement détestable pour certains et néanmoins adulé par d’autres, n’importe quelle référence au jeune garçon entraîne inévitablement la montée au créneau du camp adverse, puis c’est le serpent qui se mord la queue. Chaque faction déclenche sa propre offensive sur le mode de la surenchère, au point de rendre fier Sun Tzu et son Art de la Guerre. Mais trève de métaphore filée, jugez par vous-mêmes :

 

La déclaration de guerre aux anti-Justin :

En Septembre dernier, le site CNET publiait des chiffres impressionnants : la mention @justinbieber sur Twitter serait publiée plus de 60 fois par seconde. S’il est complexe de déterminer les causes de l’engouement autour de Justin Bieber, tout le monde devine en revanche l’ampleur que suscite un tel mot-clé sur la toile, aussi bien chez les fans que chez les « haterz » (c’est d’ailleurs pour cette raison que nous lui consacrons un article).

On peut ainsi revenir sur notre exemple initial et voir dans ce détournement de l’outil Trending Topics un exercice numérique de « braconnage » au sens où l’entendait Michel de Certeau. En effet, comme dans chaque cas où des internautes se sont réappropriés et ont investi des dispositifs, on remarque que c’est l’usage qui change. Ici aussi, les Trending Topics de Twitter ont été détournés de leur fonction première puisqu’ils ont cessé d’être une fin pour devenir un moyen. Au lieu d’indiquer les tendances thématiques du jour, ils ont permis à la rumeur de se propager. Comme la popularité de Bieber est immense, la diffusion a été d’autant plus rapide.

Ainsi cet épisode, hormis qu’il révèle que l’on n’a pas fini d’entendre parler de Justin, est caractéristique d’une mode chez les utilisateurs de Twitter : lancer des discussions à fort potentiel de buzz. Cette course au trending topic, plutôt que la participation à des discussions autrement plus substantielles (Tunisia anyone ?), est un extrême de la communication qui laisse songeur.

Milad Doueihi, un humaniste converti au numérique

January 14, 2011

On a déjà évoqué le nom de Milad Doueihi, dans un article sur le séminaire national « Les métamorphoses du livre et de la lecture à l’heure du numérique ». Il y était en effet intervenu en novembre dernier dans une table-ronde consacrée aux problématiques de la « lettrure ».

Historien du religieux dans l’Occident moderne, M. Doueihi est aussi titulaire depuis novembre de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’Université Laval (Québec). Cette Chaire de recherche, dotée d’un budget de deux millions d’euros pour cinq ans, est née en octobre dernier d’un partenariat entre l’Université Laval et le Club informatique des grandes entreprises françaises (CIGREF). Créé en 1970, le CIGREF regroupe plus de cent grandes entreprises et organismes français de tous les secteurs d’activité. Il a pour mission de promouvoir l’usage des systèmes d’information comme facteur d’innovation et de performance pour l’entreprise. Ce type de partenariat favorise donc la coopération entre le milieu universitaire et l’entreprise. L’objectif de cette Chaire est de comprendre le rôle joué par le domaine du numérique dans la transformation de la société et des entreprises, notamment en contribuant aux travaux en cours au sein des différents Laboratoires de l’Université Laval. Pour en savoir plus: la Chaire “Cultures numériques” tient son blog.

M. Doueihi est également l’auteur d’un ouvrage intitulé La Grande Conversion numérique et paru en 2008 au Seuil, dans lequel il explore les transformations du lien social qu’implique l’évolution d’une technologie essentiellement collective. Fidèle à sa posture d’historien des religions, il y engage la réflexion par une « confession » : « Je ne suis pas informaticien, ni technologue. Je ne suis pas non plus juriste, spécialisé dans la propriété intellectuelle et les subtilités du copyright. Je me considère comme un numéricien par accident, un simple utilisateur d’ordinateur qui a suivi les changements de l’environnement numérique au cours des vingt dernières années ».

C’est ce parcours atypique de M. Doueihi qui peut d’abord surprendre. D’ailleurs dimanche dernier, dans l’émission Place de la toile, Xavier de la Porte l’interrogeait précisément sur son parcours intellectuel et ses motivations. M. Doueihi se positionnait d’abord en tant qu’utilisateur des nouvelles technologies, ajoutant que c’est progressivement qu’il a été amené à découvrir des points de rencontre entre son domaine de recherches initial et le numérique. Selon lui, religion et culture numérique partagent des structures de médiation similaires, et s’inscrivent de ce fait dans une certaine continuité. Plus spécifiquement, le numérique comme la religion sont, de son point de vue, des techniques de configuration de l’espace comme du corps. Le numérique investit en effet le corps de manière inédite, en particulier par le biais du tactile et de la voix, de la réalité augmentée et des formes d’incarnation de l’identité numérique, que M. Doueihi rapproche du phénomène religieux de la représentation de l’individu.

Dans Place de la toile, M. Doueihi rappelait également que le numérique est souvent conçu comme une « révolution », voire comme la troisième révolution technique. Lui a souhaité étudier le numérique sous le modèle de la « conversion », idée véhiculée par le langage courant. C’est un fait, dans le numérique, tout se « convertit ». Ce modèle de la conversion permet selon lui d’expliquer le succès du numérique et d’en saisir les continuités mais également les transformations et ruptures. Dans l’univers numérique M. Doueihi observe ensuite des phénomènes de dissidence qui marquent les différentes évolutions, et qui là encore constituent un point d’intersection avec l’histoire de la religion dans laquelle des mouvements hérétiques vont à l’encontre de la monoculture en place et la transforment.

M. Doueihi travaille actuellement à un ouvrage intitulé Pour un humanisme numérique, qui paraîtra au Seuil, en mai prochain.

Retrouvez enfin Milad Doueihi à la conférence des MISC “Les experts du numérique : le Génie, le Geek et le Truand”, le 19 janvier à 19h ! Il introduira l’évènement qui aura lieu à La Cantine. Il reste des places disponibles, mais uniquement pour les professionnels. Pour s’inscrire, demandez votre code d’activation Amiando à conference@celsa-misc.fr.

Et pour ceux qui ne pourront pas être sur place,  la conférence sera retransmise en direct sur Agoroom !

Hashtag #confmisc11



Chroniques de morts annoncées

January 12, 2011

Ouverture habituelle de mon Netvibes. Je clique sur l’onglet NTIC et là je découvre avec effroi que l’usage des flux RSS est sur le point de passer l’arme à gauche, que Google n’est plus que l’ombre de lui même et que son futur trépas est certain, que Facebook serait un dormeur du val en puissance… Après quelques minutes de panique, au cours desquelles j’ai envisagé de dresser un pigeon, de me ré-abonner aux versions papiers de mes quotidiens préférés, je reprends mes sens et réalise qu’il ne s’agit que des titres d’une journée parmi tant d’autres dans le monde des NTIC.

 

Qu’il s’agisse des “Killer-Apps”, des prédictions à la “The Web is dead”, des déclins prédits des entreprises du secteur des nouvelles technologies ou encore de l’image d’Épinal présentant les nouvelles technologies comme étant les bourreaux aux pieds desquels roulent les têtes tantôt de la presse, tantôt de la TV ou encore d’un management dit “bottom-up” ; le domaine des nouvelles technologies semble en effet particulièrement friand de la grande faucheuse.

Par exemple si l’on devait se pencher uniquement sur les gros titres de la semaine passée nous pouvions découvrir que Google n’était plus qu’un spectre de Mountain View chez TechCrunch, tandis que la mort de MySpace était pour n,m,…,x,y, z-ième fois proclamée et que la rumeur de l’euthanasie de Facebook programmée le 15 mars 2011 par Mark Zuckerberg enflée (sans oublier ceci, ou encore cela pour n’en citer que quelque uns).

A quoi imputer cette effusion d’hémoglobine digne d’un film de Quentin Tarentino ?

Tout d’abord notons que les effets d’annonces dramatiques permettent de vendre du papier des VU. Rien de tel que de sonner le glas d’un géant pour aiguiser l’intérêt du plus grand nombre. Et cela n’est en rien propre aux nouvelles technologies (cf : la mort annoncée au cours du capitalisme aujourd’hui comme hier).

Cependant pour expliquer la sur-représentation de ces annonces morbides sur ce secteur penchons-nous sur les spécificités du secteur.

Tout d’abord l’économie numérique se centre de plus en plus sur l’industrie de réseau voire des externalités de réseau. Or les stratégies d’annonces sont primordiales dans ce type de modèles économiques. Prenons le cas de Quora et regardons ce qui s’est passé ces dernières semaines. TechCrunch a lancé un article prédisant le grand succès de Quora se faisant, le site a lancé une vague d’adhésions amplifiant le bruit (positif puis négatif) entourant la stratup. Il s’agit d’un cas de prophétie auto-réalisatrice : en annonçant que tout le monde serait demain sur Quora, Techcrunch réalise sa prédiction. Cette logique d’annonce et de réalisation panurgique s’explique par la nature de ces produits qui gagnent en valeur à mesure que le nombre de leurs utilisateurs grossi. Ainsi peut on expliquer les assassinats auto-proclamés et autre humeurs de “killer” des entreprises vis-à-vis de leurs concurrents ou de leurs prédécesseurs. Les nouvelles technologies, secteur où le massacre est stratégie de communication.

C’est aussi les imaginaires d’Internet qu’il faut interroger. On retrouve en effet dans ce bain de sang rédactionnel une certain nombre de mythes traditionnels. Mythe du génie devenant naturellement millionnaire, d’un temps rapide dont la cadence serait quasiment impossible à suivre, de technologies “révolutionnant” les usages, d’un héros toujours prêt à tuer le père (mis en lumière dans The Social Network)… Le domaine des nouvelles technologies se doit d’être trépident et forcément nouveau. Et pourtant ce n’est pas en un jour qu’un réseau social réunissant plus de 500 millions d’utilisateurs se crée. Et pourtant cette économie engendre elle aussi une sorte de super élite dont la position semble immuable.

Alors on se dope un peu tous à l’adrénaline en lisant le Carnet des NTIC dans les Mashable, Wired, TechCrunch et autres. Personne n’est dupe mais tout le monde frémit. Le monde des nouvelles technologies en cela ressemble quelque peu à l’univers de la mode ou de la politique qui, contraints à se réinventer sans cesse  font appel au ketchup et autres mises en scène patoches pour tuer les figurants tout en conservant les mêmes acteurs historiques. Et la moindre occasion de créer du nouveau en célébrant la mort est bonne : V1, V2, V3 de site et autres mises à jour, web 1.0, 2.0, 3.0, au carré … à mesure que le cimetière grossit l’auditoire continue à trembler.

Et les politiques nous souhaitèrent bonne année

January 10, 2011

Le passage en 2011 aura été l’occasion pour les politiques de présenter leurs traditionnels vœux. L’innovation, nous a-t-on prévenu, réside cette année dans deux initiatives :

1) Les vœux présidentiels ont eu lieu le 31 décembre et non le 1er janvier (ooooh)

2) Ils ont été retransmis directement sur Dailymotion (aaah). Rien de novateur pour cette dernière initiative en forme de pétard mouillé puisqu’elle n’est rien de plus qu’un direct sur Internet comme on les connaît pour les soirs de match. Certes, on peut toujours louer l’effort de l’Elysée de se mettre (un peu) à jour côté web 2.

Du reste, les vœux présidentiels ont eu lieu traditionnellement devant la presse, n’ont changé de format, ni de ton. 2011 n’aura pas été l’année de la rupture pour cet exercice avant tout formel. De même, les vœux politiques des principales personnalités politiques (Ségolène Royal, Dominique de Villepin, François Bayrou…) ont donc proliféré comme de coutume sur leurs sites dédiés  adressant des vœux conventionnels et attendus, destinés principalement à leurs militants et sans véritable potentiel de viralité.

Alors pourquoi ? Quel est alors le véritable intérêt des politiques à placer leurs vœux sur Internet ?

Dans le cas des personnalités politiques, hormis N.Sarkozy qui bénéficie d’une couverture « événementielle » par la télévision, Internet offre une possibilité de diffusion à plus grande échelle que celle des médias traditionnels qui leur auraient donné une visibilité limitée. Ce processus permet également de faire sens, d’indiquer  « nous sommes sur Internet », en affichant pour peu de frais une modernité quelque peu « au rabais ».

Mais la présence sur Internet des vœux des politiques est indispensable, dans le sens où « elle ne pourrait pas ne pas être », un silence internet pouvant être perçu comme un archaïsme. Mais la médiatisation et surtout la  viralisation du message (qui se base principalement sur des éléments fédérateurs comme le rire, le choc etc…) sont très  limitées en raison de son caractère purement institutionnel, lequel crée un décalage frappant avec l’imaginaire du média dans lequel il se déploie.

En ce début d’année 2011, ce sont les vœux d’Hervé Morin, qui reçoit dans sa cuisine, avec des fiches mal dissimulées dans ses casseroles, qui ont su attirer l’attention. Il remporte l’estimable palme des “voeux les plus LOL“(minutebuzz) , le “concours du kitsch“(nouvelobs). Se sont démarqués également les voeux de la ministre Belge de la Culture Fadila Laanan, grande inconnue du public avant qu’elle ne décide de s’adresser à un ours en peluche en guise de vœux 2.0.

Pour ces deux personnalités peu suivies par les médias, leurs vœux auront été (toute analyse qualitative mise à part) un véritable succès en termes de vues (quasi 30 000 pour les vœux d’Hervé Morin uniquement sur DailyMotion, quand ceux de S.Royal n’en comptent que 12 000).

Pour Fadila Laanan, c’est sur Twitter que sa performance aura eu le plus d’écho, le hashtag #fadilalaanan explosant par des tweets de railleries, l’amenant à retirer sa vidéo…pour finalement la poster à nouveau avec un message explicitant ses intentions.

Les voeux sur Internet expriment cette tension entre cet effort de production d’un message se voulant “adapté” et sa récupération. Les figures politiques sur Internet n’inspirent pas la révérence qui est supposée être leur mode d’appropriation par  les citoyens : une vidéo classique restera relativement immobile, quand toute tentative d’humour ou de changement de style seront raillées. La figure politique est alors banalisée . Le rire et le commentaire sont les moyens de vulgariser cette figure, de la faire circuler, de la « trivialiser » au sens où le définit Yves Jeanneret.

Si présenter ses vœux sur Internet ne fait pas sens sur la question de la modernité supposée du corps politique, elle est en revanche une des expressions de ce schéma d’appropriation circulaire du message, où le politique en tant qu’instance énonciatrice nourrit un flux de reprises.

En présentant ses vœux, le politique met volontairement en représentation son décalage et offre consciemment sa représentation au détournement. Il participe activement à faire vivre ses avatars et perpétue ainsi l’activation d’imaginaires et la circulation du message et à être une figure publique, que chacun s’approprie.

Nous avons donc encore devant nous de longues et belles années de voeux sur Dailymotion !

Agrégation vs Curation

January 8, 2011

Il paraîtrait que la curation c’est LE truc hype du moment. En effet, depuis quelques mois déjà, on nous rabâche les oreilles avec ce qui semble être la “nouvelle ère de l’Internet”. Raison évoquée : Internet est un chaos géant qui ne cesse de croître exponentiellement et il est temps d’y mettre un peu d’ordre.

Un petit éclaircissement de la notion s’impose . C’est un anglicisme qui vient de “curator”, ce qui signifie en français, commissaire d’exposition. Cette personne est chargée de sélectionner des œuvres relatives à un catalogue d’exposition. Cet emprunt à l’univers muséal vise à définir le “curateur” comme une personne qui sélectionne des contenus relatifs à un sujet sur différentes sources Internet (articles, billets de blogs, réseaux sociaux) et les réunit dans un espace à part. Il définit ainsi, à travers son choix, sa posture éditoriale. Cette sélection est toujours manuelle.

Voici quelques exemples d’outils permettant la curation : Pearltrees, Curated.by, Storify, Scoop.it, Paper.li ou encore Montage des FuseLabs de Microsoft.  Il est désormais courant de les appeler “curateurs” ou “curators”. On notera que dans cet usage du terme, comme c’est le cas pour “agrégateur”, on désigne l’outil par le mot qui jusqu’ici qualifiait une personne, par métaphore. En fait, si l’on nous dit que Storify permet d’intégrer par un “drag and drop” des contenus de médias sociaux dans des articles au moment de l’écriture, le “curateur”, s’il en est un, reste l’auteur plus que l’outil permettant l’indexation. D’autre part, on constate bien que la plupart d’entre eux font la promesse de faire de nous des éditeurs.

“Aggregation is not Curation – There is a big difference”, nous assurait il y a deux mois Tom Foremski.

A la différence de la curation, l’agrégation consiste à collecter des informations sur un sujet, à partir de sources sélectionnées au préalable. L’information parvient jusqu’à la plateforme (site ou logiciel) par flux RSS ou en fonction de sa popularité. Une fois les critères de sélection déterminés, l’information arrive “automatiquement”. Quelques exemples bien connus d’agrégateurs : Google News, Google Reader, Netvibes, Digg, Delicious

Le pari de la curation est de permettre de recevoir de l’information triée, sélectionnée au préalable afin qu’elle soit pertinente, en sujet comme en qualité, avec nos attentes. C’est le cas sur Pealtrees par exemple où l’on réunit des perles (du contenu) autour d’un sujet.

(Si j’ai bien compris la curation c’est toujours l’histoire d’un petit mec sympa qui aime plein de choses très fun qu’il veut partager avec des amis).

Tom Foremski poursuit : “Curation is about the “human web” while aggregation is about the “machine web.””.

C’est cependant un peu trop facile, lorsque l’on compare curation et agrégation, de dire qu’il s’agit de la victoire de l’humain sur l’algorithme. Pour le cas de la curation, je ne partirai pas dans une démonstration évidente des nombreux aspects “techniques” du web et d’Internet. Pour ce qui est de l’agrégation, une sélection pointue et précise des flux RSS peut être faite manuellement. En “personnalisant” mon Netvibes avec des blogs de niche dont je suis quasi sûre que les posts me plairont, je fais confiance à un humain pour poster quelque chose qui m’intéresse. Tout comme je ferais confiance à un “curateur”.

Curation et agrégation peuvent dans certains cas être perçues comme deux étapes chronologiques différentes :

– l’agrégation est une sélection de sources qui produisent du contenu
– la curation est la mise en page d’une sélection de contenus (provenant souvent d’une sélection de sources qui produisent du contenu)

Vous me suivez ? Cette mise en abîme est prolongée par le fait que les journalistes et bloggeurs ne produisent pas du contenu ex-nihilo, ils ont eux aussi leurs sources. C’est ce que représente Brian Solis dans sa pyramide quelque peu critiquable car elle implique une hiérarchie pas forcément évidente.

“Content is no longer King: Curation is King”, conclue Tom Foremski.  Sans trop m’avancer je pense pouvoir dire que sans contenu, pas de curation possible ! Hé oui la curation c’est du contenu. De même, qui dit contenu de mauvaise qualité, dit curation de mauvaise qualité.

Finalement curation et agrégation sont des mots qui prennent un nouveau sens au fil de l’apparition de plateformes et d’usages que l’on veut définir.

Pour comprendre l’emploi de ce type de mots, François, étudiant en Master recherche au Celsa, me propose à juste titre de rattacher cela au concept de trivialité, au sens où l’entend Yves Jeanneret. Il s’agit de la circulation dans la société de concepts permettant leur appropriation mais aussi leur transformation;  ils se chargent de valeur.

Ce que ces mots désignent n’est pas révolutionnaire en soi. En témoigne ce documentaliste en colère : “Je bouillonne surtout devant la satisfaction à peine dissimulée des auteurs de ces articles (et parfois de leurs commentateurs), persuadés d’être à l’origine du coup du siècle alors qu’à défaut d’avoir imaginé un nouveau métier, ils n’ont fait que réinventer la roue.”

Pour approfondir ce sujet, voici une curation sur le sujet de la curation, vous en rêviez. Ces contenus ont été agrégés, curés, curetés, sélectionnés par Cédric Giorgi, rédacteur Techcrunch et directeur marketing de Goojet (qui édite Scoop.it).

Pour finir, UN SCOOP : les MISC lancent leur agrégateur qui, par définition, doit aussi être le vôtre !

L’agrégateur des MISC c’est un portail conçu et réalisé par nous, les étudiants, vous donnant accès à une multitude de sources sur les mutations médiatiques, les innovations numériques et l’actu web, délivrés avec un regard éclairé et critique. De l’actu chaude avec les tweets des étudiants du master, une sélection de sources d’info de qualité, de billets d’analyse de ce blog et d’interviews de professionnels du numérique par les MISC sous la forme d’une chaîne vidéos, d’une synthèse de la conférence du 19 janvier à la Cantine : en voilà une sélection intéressante ! Vous y trouverez également un annuaire des étudiants MISC, actuels comme anciens (profils, thématiques de recherches, contact). Ainsi, le master MISC du Celsa est une des premières formations en France à valoriser les prises de parole et la veille de ses étudiants sur les réseaux sociaux, toutes regroupées sur le site agrégateur celsa-misc.fr.

Rendez vous le 13 janvier !

Pourquoi est-ce un agrégateur ? Car les sources des flux sont sélectionnées au préalable et se mettent à jour automatiquement. Mais les MISC sont bel et bien derrière tout ça, on vous assure donc que ça n’est pas la disparition de l’humain derrière la machine, si tant est que le MISC est humain. Je vous laisse méditer là-dessus.

De l’éducation aux nouveaux médias

January 7, 2011

Alors que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a annoncé le lancement de nouvelles opérations de sensibilisation à la protection des données personnelles à l’attention des collégiens français, la question de l’éducation aux nouveaux médias se pose à nouveau. Faisant état de son « son engagement pour promouvoir les bons réflexes chez les jeunes utilisateurs d’Internet » dans un récent communiqué, la commission entend bien renforcer ses actions pédagogiques. Pour autant, une autorité administrative peut-elle efficacement fournir une instruction appropriée à cette génération Z, tombée dans la marmite des NTIC dès la naissance ?

Intéressons-nous un instant au contenu de la campagne de la CNIL. En plus d’un guide « informatique et libertés » envoyé à tous les chefs d’établissement, ainsi qu’un numéro spécial de L’actu, journal pour les 14-18 ans, à destination des professeurs d’éducation civique, le site http://www.jeunes.cnil.fr/ propose un quizz et 20 fiches méthodologiques. Si l’initiative n’est nullement critiquable, on peut toutefois s’interroger quant à la teneur des contenus. En effet, on peut noter certaines simplifications et approximations pour le moins surprenantes, notamment lorsqu’il est conseillé de donner une fausse adresse postale en réponse aux mailings, ou de ne jamais ô grand jamais rencontrer en personne quelqu’un connu sur le net (la nuance ne semble malheureusement pas exister). On retiendra aussi le culte « Comment appelle-t-on un petit fichier installé par ton navigateur sur ton ordi quand tu visites certains sites? – Un cookie ? Une galette ? Un cake ? »…

Au final, on reste ici dans l’abstrait et on néglige de fournir des exemples percutants peut-être plus adaptés. Par ailleurs, l’injonction à la prudence risque d’être affaiblie de par la nature même du médium utilisé. La sensibilisation par l’image est souvent plus pertinente. En cela, la campagne belge menée par l’association GSARA pourrait être davantage entendue par les jeunes.

Le clip “Facebook te fiche, ne t’en fiche pas” réalisé par le GSARA :

Finalement, toute la difficulté réside dans le fait de trouver un compromis entre le discours alarmiste qui se contente de diaboliser les outils du web et ne fait que rebuter la population visée, et le discours dénué de lien avec le réel qui ne provoque pas de prise de conscience face aux dérives que peut engendrer le web 2.0…