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Mon Smartphone se fait une expo

November 19, 2010

La réalité augmentée au musée



Non, les musées ne sont pas de vieux dinosaures immuables complètement réfractaires aux nouvelles technologies. C’est ce que certains d’entre eux tentent de nous montrer en complétant par exemple leur visite avec des dispositifs de réalité augmentée.

En octobre dernier, le MoMa (Museum of Modern Art) de New York a accueilli une exposition exploitant la réalité augmentée, la DIY Augmented Reality exhibition, organisée par Sander Veenhof (expérimentateur néerlandais de réalité augmentée) et Mark Skwarek (artiste « new media » new-yorkais). Tous deux travaillent sur les collaborations hybrides entre le virtuel et le réel.


Cette démarche annonce-t-elle une nouvelle tendance d’exploitation de la RA dans la création et dans la perception d’oeuvres d’art ? Ce nouveau type de création virtuelle pourrait-il acquérir ses lettres de noblesses et être considéré comme de l’art, ou n’est-ce qu’une façon de surprendre en exploitant la dernière technologie à la mode ?

Sans être intrinsèque à l’oeuvre, l’utilisation de la réalité augmentée peut aussi enrichir une exposition remplaçant en quelque sorte l’audio guide, procurant des explications sur l’œuvre, sur son courant, ou encore sur la démarche de l’auteur.  Ces couches informationnelles apportées par le dispositif posent la question de la place laissée à l’interprétation et à la réflexion personnelle face à une œuvre. De plus, l’oeuvre est regardée à travers un objet, un biais, et en cela elle est forcément regardée différemment.
Le principal problème que pose pour le moment ce type d’expositions est qu’il y a un décalage entre ceux qui ont un Smartphone doté de l’application Layar, et ceux qui n’en n’ont pas, privés alors du spectacle. On peut donc se demander si certains ne seront pas exclus par ce dispositif. « Just the other day, my iPhone showed me [on note par ailleurs ici l’imaginaire de l’objet comme acteur et non comme biais] an exhibition at the Museum of Modern Art that most people around me didn’t know was there », nous dit un journaliste du NYT.  Car si les annonceurs se basent sur l’augmentation considérable du taux d’équipement en Smartphones et l’interprètent comme un marché potentiel, n’oublions pas ceux qui sont en reste et représentent encore aujourd’hui la majorité des visiteurs de musées.

Voici quelques exemples qui mettront peut-être tout le monde d’accord :
La réalité augmentée, l'informatique au service de l'Histoire

Ces dispositifs de réalité augmenté nous donnent à voir des monuments historiques tels qu’ils étaient auparavant (architecture, décoration, personnages…). Plus interactif et ludique que des reconstitutions graphiques statiques ou encore qu’un long texte explicatif, le vrai plus de la démarche est sans doute que cette couche audiovisuelle est visible à partir de tablettes accessibles à tout visiteur.

La réalité augmentée continue de faire rêver, ne serait-ce que par son nom. On y entend  une « autre réalité », qui serait une « meilleure réalité », concept oxymorique ce qui n’est pas sans rappeler  des imaginaires de science fiction. On peut néanmoins se questionner à juste titre sur l’avenir de l’exploitation de ces dispositifs. Ce qui était il y a encore quelque mois un gadget, une «drôle d’expérience », est aujourd’hui de plus en plus présent dans les espaces privés et publics.

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