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Google : éducateur et évangéliste du Web

November 24, 2010

Qui n’a pas essayé un jour d’expliquer à l’un de ses proches (grands parents, parents …) ce qu’est le Web, un cookie ou encore comment utiliser un navigateur ? L’équipe du navigateur Chrome de  Google a ainsi tenté de relever le défi de l’éducation au Web en répondant  à  20 questions.

Pour ce faire elle a mis en ligne un petit livre, 20 things I learned, en HTML5, illustré par le dessinateur et auteur pour enfants Allemand Christoph Niemann. Pour s’adresser à une cible (assez âgée) pour qui Internet représente un univers méconnu voire apeurant, la firme de Mountain View a fait un choix sémiotique fort, celui de l’architexte du livre pour enfant. Tout y est depuis le format paysage  du “livre”, jusqu’aux dessins ingénus en passant par le choix du titre qui donne à vivre la lecture comme un instant de transmission renvoyant au cadre énonciatif du conte pour enfant (“je vais te raconter l’histoire de…”).

La parallèle se prolonge également dans les conditions réelles de lecture d’un tel “ouvrage”. En effet, le novice ne saurait trouver tel écrit, se sont donc ses proches plus éduqués qui le lui transmettront à la manière des parents narrant à leur enfant un conte. Et qu’y a-t-il de plus rassurant, de plus simple que de se faire conter une histoire par des personnes de confiance ?

Ainsi infantilisé, le non-initié devrait abaisser sa garde, nourrie des discours d’accompagnement technophobiques de l’Internet, afin de mieux recevoir le complexe sésame. Et le menu est dense : HTML, Javascript, cloud computing, browser extensions, plug-ins, open source, phishing, malwares, protocole TCP/IP ; tout le champ semble fouillé. Quand est-il de la qualité du contenu ? Vous imaginez déjà que Google aussi user-friendly soit-il n’a pu produire un tel site par pure bonté d’âme et que la visée publicitaire dévalue le propos ?

Google nous surprend en jouant la carte de la transparence. Ainsi la firme n’hésite pas à citer ses concurrents voire à ne placer son browser qu’en dernière place dans une énumération (cf: “Thing 7”). Google réussit donc à transmettre un discours simple, apparemment impartial et complet.

Si nous souhaitions prêter des intentions au géant du Web nous verrions en un tel ouvrage une sorte de catéchèse, un support de transmission idéologique. Les problèmes liés à la vie privée ou encore à l’anonymat sont certes abordés mais ils ne sont présentés qu’en tant que accrocs corrigés par une technique user-centric porteuse de progrès. L’idée d’un progrès technique, d’une vertu de l’innovation enrichissant la vie des citoyens se retrouve en effet tant dans l’assimilation systématique du nouveau avec le mieux, que dans une multiplication des locutions soulignant l’empowerment du citoyen. Google et son prophétique “do not evil” se fait ainsi évangéliste du Web et vient fournir les rangs des discours quasi-religieux d’Internet d’un volet éducatif. Une propagation du savoir adossée à une philosophie progressiste qui n’est pas sans rappeler le courant des Lumières.

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