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Des ebooks pour tous ?

December 2, 2010

Pour la plupart des pays en voie de développement, l’alphabétisation des populations demeure un défi de taille. Certaines ONG tentent de le relever, voyant dans l’ebook la réponse démocratique qui favorisera l’accès à la lecture pour tous. Les nouvelles technologies deviendraient-elles le porte-étendard d’une littératie globale ?

C’est précisément à partir de ce postulat que Worldreader, une ONG lancée par David Risher (ex vice-président d’Amazon), s’est engagée dans une expérimentation solidaire. L’idée, explique-t-il, était de “mettre des centaines de livres dans les mains de millions d’enfants”. Pour cela, des Kindles (liseuses électroniques made in Amazon) ont été distribués dans diverses écoles du Ghana, en Afrique. Quoique occidentalo-centrée, cette initiative a finalement reçu un bilan très positif puisque les Kindles “incitaient les enfants à lire d’avantage, et donnaient accès à des centaines de milliers de livres, en moins de temps et à moindre coût que les livres papier”, rapporte Risher.


Toutefois, la démarche reste lacunaire dans la mesure où elle part du principe que c’est l’accès aux contenus écrits qui détermine le taux d’alphabétisation. Si le support est en effet un élément à prendre en compte, l’accompagnement pédagogique ou encore l’intérêt de l’enfant pour la lecture constituent d’autres conditions essentielles qu’il faut savoir développer.  Au final, bien que le dispositif soit une réponse aux contraintes techniques, c’est tout un écosystème fonctionnel qui doit d’abord être créé, ce que les pays du Nord auront bien plus de mal à fournir…

Pour Jonathan Wareham, enseignant dans le département des Systèmes d’Information à l’ESADE Business School de Barcelone, l’action de Worldreader a surtout mis en lumière l’ensemble des problématiques politiques, administratives et culturelles qui sont connexes à la question de l’analphabétisme. “On pense s’occuper du taux d’alphabétisation, et on finit par essayer de réécrire la culture d’un pays”, analyse-t-il. Finalement, cette ingérence peut être mal perçue, surtout dans la mesure où ces pays en voie de développement auraient sans doute des besoins en équipements  plus urgents. Alors qu’en Afrique de l’Ouest, notamment, la vétusté des installations électriques constitue un frein aux perspectives de croissance, on est en droit de s’interroger sur le caractère dissonant d’un objet tel que le Kindle.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement ghanéen et Worldreader se sont mis d’accord pour poursuivre ces expérimentations. Il s’agira notamment d’inviter les éditeurs locaux à numériser leurs ouvrages afin de les rendre accessibles sur les Kindles, et ainsi de leur procurer une visibilité internationale. D’autre part, la distribution de liseuses devrait s’étendre à d’autres pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. Le projet pourrait ainsi motiver la création de contenus et dynamiser les économies locales.

Le projet Worldreader en vidéo :

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